Pourquoi une réduction annuelle des émissions?

Nous savons tous qu'une réduction massive des émissions est nécessaire si nous voulons limiter la hausse de température mondiale à un maximum de 2° C. Les estimations récentes fixent cette réduction à environ 90% d'ici à 2050.
Pour être sûr de parvenir effectivement à réaliser la réduction décidée, il faut prêter attention à la manière d'y arriver.
L'objectif à long terme reste prioritaire mais des objectifs intermédiaires à court terme sont nécessaires pour faciliter la transition vers le but final.
Si on se limite à un seul objectif, en l'occurrence 90% de réduction pour 2050, il est plus que probable que l'on ne s'inquiètera pas avant 2049 de savoir si le but sera atteint. Et si ce n'est pas le cas, il n'y aura plus moyen d'y changer grand chose…
Une réduction trop rapide et trop drastique serait une exigence inacceptable tant pour le gouvernement que pour la population.
Nous devons procéder par paliers pour que cette réduction soit plus acceptable et mieux réalisable. L'idée de budgets d'émission annuels permet de vérifier chaque année si la norme est suivie. Des budgets d'émission quinquennaux offrent aux entreprises plus de flexibilité pour arriver à une gestion neutre vis-à-vis du climat.
Par une diminution annuelle de 3%, nous faisons en sorte que la pilule soit plus facile à avaler. Une réduction graduelle des émissions sur les prochaines décennies signifie que nous aurons réduit suffisamment la quantité de gaz à effet de serre émis à l'approche de 2050.
Tolérer le niveau actuel (ou davantage) d'émissions jusqu'en 2040 signifierait que nous aurions émis environ le double de gaz à effet de serre par rapport à la quantité qui sera émise en appliquant une réduction annuelle de 3%.
Obliger les hommes - et femmes - politiques à commencer dès à présent à réduire les émissions de gaz à effet de serre signifie qu'ils ne pourront renvoyer le problème à la prochaine législature. Cela signifie aussi que les prochains responsables politiques ne pourront accuser leurs prédécesseurs de problèmes qu'ils auraient à gérer parce que rien n'aurait été entrepris.
Sans une loi contraignante, il est toujours possible que le gouvernement tarde à agir. La loi doit aussi obliger le gouvernement à présenter un rapport annuel au Parlement sur les progrès de l'effort de réduction des gaz à effet de serre. Des sanctions doivent être prévues si l'objectif défini n'a pas été atteint.